La Quinzaine musicale de Saint-Sébastien clôt aujourd’hui sa 84e édition après 4 salles combles au Kursaal et 31 000 spectateurs

  • La Neuvième Symphonie de Beethoven, la Huitième Symphonie de Mahler, le Lac des cygnes ainsi qu’Anne-Sophie Mutter & Mutter’s Virtuosi ont affiché complet.
  • Sur le plan artistique, la représentation peu fréquente et monumentale de la Huitième Symphonie de Mahler et la grande première d’une nouvelle version mise en scène d’Œdipus Rex en autoproduction ont été les événements marquants de l’édition.
  •  Il y a eu au total 82 représentations, dont 36 gratuites, et les ventes de billets ont rapporté 713 000 euros.

C’est cet après-midi que se termine à l’Auditorium du Kursaal la 84e édition de la Quinzaine musicale, par le second concerto de l’Orchestre philarmonique de chambre de Brême sous la direction d’Omer Meir Wellber. Le concerto portera sur la Messe Nelson de Haydn, considérée comme l’œuvre maîtresse de son auteur prolifique. Il sera interprété par Andra Mari Abesbatza et une distribution de solistes internationaux. Cette partition se transformera aujourd’hui en l’épilogue d’une édition qui a donné lieu à de grands moments de musique et de danse en direct.

Du 3 août au 1er septembre, la 84e Quinzaine musicale de Saint-Sébastien a offert un total de 82 propositions sous de nombreux formats et sur des scènes diverses, où se sont donné rendez vous 31 000 spectateurs. Les recettes de billetterie ont atteint cette année 713 000 euros.

Le cycle de grands concerts de l’Auditorium du Kursaal, pierre angulaire du programme du festival, a rejoint 16 100 participants. Quatre des représentations programmées ont affiché complet : la Symphonie no 9 de Beethoven, interprétée par l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, le chœur Donostiako Orfeoia et des solistes locaux et internationaux sous la baguette de Lahav Shani; la Symphonie no 8, dite des Mille, de Mahler, dont les places se sont écoulées quelques heures après l’ouverture des guichets; la version novatrice du ballet classique Le Lac des cygnes, signée par Angelin Preljocaj et présentée par sa compagnie Ballet Preljocaj; et le retour au festival de la violoniste Anne-Sophie Mutter, accompagnée cette fois par son ensemble, Mutter’s Virtuosi. Et c’est dans cet espace qu’une fois de plus cette année se sont affirmées les valeurs de la Quinzaine, à savoir la rencontre d’artistes internationaux de premier rang avec des entités et artistes locaux, la promotion de valeurs émergentes et la création de nouvelles œuvres.

Du point de vue artistique, il s’agit des deux représentations de cette Quinzaine qui se démarquent particulièrement : l’interprétation de la Symphonie no 8, dite des Mille, de Mahler, et la grande première d’une nouvelle pièce produite par la Quinzaine et mise en scène par la compagnie de marionnettes Per Poc : Œdipus Rex. La seconde représentation dans l’histoire du festival de la Huitième Symphonie de Mahler constituait un défi énorme tant pour la musique que pour la production (plus de 400 musiciens y ont participé avec succès), et les attentes suscitées par ce concerto depuis son annonce ont été comblées, comme en ont témoigné les salves d’applaudissements dont le public a rempli l’Auditorium. L’Orchestre d’Euskadi, l’Orchestre symphonique de Navarre, le chœur Donostiako Orfeoia, le chœur Orfeón Pamplonés, les chorales Easo Eskolania et Easo Gazte et des solistes de Saint-Sébastien comme Miren Urbieta-Vega, sous la direction de Robert Treviño, ont mis en évidence la capacité artistique du territoire dans la présentation d’une pièce à l’envergure et à la complexité de la symphonie de Mahler (« Tous réussirent à inculquer ce sentiment espéré de progression vers l’éternel, que tant Mahler que Goethe conçurent pour leur œuvre. La grandeur. » – Mari Jose Cano, Diario Vasco)

Le rendez-vous a commencé lors de cette édition avec la grande première d’une nouvelle version mise en scène de l’oratorio Œdipus Rex, créée et dirigée par la compagnie catalane Per Poc. Ainsi, la Quinzaine récupère cette œuvre de la première moitié du XXe siècle rare sur scène, et l’ajoute au catalogue de ses propres productions. Pour cette nouvelle vision de l’opéra-oratorio de Stravinsky, basée sur la tragédie homonyme de Sophocle, et avec des textes de Jean Cocteau, la Quinzaine a pu compter sur la vaste expérience avec les orchestres symphoniques de la compagnie catalane de marionnettes créée et dirigée par Santi Arnal y Anna Fernández. Cette première collaboration entre la compagnie et le festival a en outre reçu la participation d’autres protagonistes : sous la direction d’Erik Nielsen, l’Orchestre symphonique de Bilbao et le chœur Easo ainsi qu’une distribution de solistes menée par le ténor Peter Marsh dans le rôle d’Œdipes, et l’actrice et chanteuse française de renom Irène Jacob. (« Leur travail d’artisans pour recréer les masques grecs originaux et leur façon subtile de les présenter sur scène soulignent l’hiératisme de l’œuvre par un mouvement et un éclairage extraordinaires, ce qui donne un résultat esthétique et musical impressionnant. » – Marta García, Berria)

Également dans l’Auditorium du Kursaal, la communion entre de grands solistes comme Grigory Sokolov (piano), Anne-Sophie Mutter (violon) ou Mitsuko Uchida (piano) et leur public s’est consommée une fois de plus, comme en témoigne le chaleureux accueil que leur a réservé un auditoire dévoué. Ainsi, Grigory Sokolov a fait étalage de générosité et a accordé six rappels à ses admirateurs en liesse à la fin du concerto. Pour leur part, Anne-Sophie Mutter & Mutter’s Virtuosi ont récompensé l’ovation de la salle de trois bis à la fin du concerto cette année, année où la violoniste allemande célèbre son 60e anniversaire. Il convient de souligner, de plus, l’occasion qu’a offerte Mitsuko Uchida de savourer son travail de concertiste, exécuté de quatre mains de maître avec Jonathan Biss (« C’est toujours un luxe d’écouter Mitsuko Uchida. […] Mais de voir Uchida partager l’instrument avec Jonathan Biss et interpréter Schubert qu’elle affectionne tant, c’est une chance inouïe » – Nora Franco, Naiz/Klassikbidea), et la toute première du violoncelliste Pablo Ferrández à la Quinzaine, accompagné par l’Orchestre Philharmonique de Rotterdam, dirigés par la baguette de son chef, Lahav Shani (« La façon d’interpréter de Ferrández, extrovertie et pleine d’assurance technique, a été parfaite pour parachever, avec une version élégante et sensuelle, le son orchestral impeccable et fil conducteur de ce concerto » – Montserrat Auzmendi, Argia); tout comme le retour de la violoniste Hilary Hahn avec l’Orchestre philarmonique de chambre de Brême et Omer Meir Wellber (« Sauvage et tendre. Agressive et délicate. La violoniste Hilary Hahn a offert hier une prestation mémorable […] » – Mari Jose Cano, Diario Vasco) et le concerto de l’Orchestre de chambre d’Europe sous la direction de Daniel Harding, acclamé par la critique (« […] c’est sans doute l’un de ceux qui restent gravés dans la mémoire et dont on parle encore des années plus tard » – Ana G. Urcola, Scherzo).

En marge de l’Auditorium du Kursaal, les autres prestations qui complètent l’offre de la Quinzaine continuent de susciter l’intérêt du public, tant à Saint-Sébastien qu’à l’extérieur de la ville. Lors de cette édition, plus de 14 900 personnes se sont donné rendez vous dans des concerts et des représentations de danse : Théâtre Victoria Eugenia (1 122 personnes), Musique ancienne et de chambre au Musée San Telmo (2 380 personnes et six salles combles), Cycle d’orgue (5 409 personnes), Quinzaine itinérante (2 429 personnes) et concerts inauguraux (1 415 personnes).

En cette 84e édition de la Quinzaine, sept œuvres ont été représentées :

- La nouvelle version de l’oratorio Œdipus Rex, produite par la Quinzaine et mise en scène par Per Poc à l’Auditorium du Kursaal.
- In the owl´s eye de Miguel Mercero, interprétée par Kirudat Dúo dans le Cycle des jeunes interprètes.
- …pour l’orgue de San Sebastián d’Eric Lebrun, interprétée par l’auteur dans le Cycle d’orgue.
- Quatre œuvres du Cycle de musique contemporaine :

        - Handikoak de Félix Ibarrondo, interprétée par PluralEnsemble;
        - Ad index Desconstruction II de Carmen Asenjo-Marrodán, interprétée par Silboberri;
       - Uneindeutiges de Lula Romero, interprétée par Silboberri;
       - Sssooooommmm d’Aurélio Edler-Copes, interprétée par Xelo Giner.

Quincena Musical / Musica Hambostaldia Laguntzak

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